25 mars 2026

Remonter l'alizé vers Saint Martin

C'est le dernier chapitre de ce périple aux Îles Vierges : rejoindre Saint Martin et la portion descendante de l'arc antillais, en prévision de la prochaine saison cyclonique. 

Cap à l'est contre vents et courants, il faut tirer des bords. L'équipage est motivé, heureusement.





La météo n'est pas des plus complaisantes : le vent reste résolument plein est pour au moins les 10 jours à venir. Je ne peux que sélectionner la période d'intensité minimale en force de vent et surtout hauteur de vagues. Le parcours sera divisé en 3 segments avec escales sur St Croix (USVI) et Virgin Gorda (BVI).

  
La route prévue : St Thomas - St Croix - Virgin Gorda - St Martin

10 mars : la bonne fenêtre météo est... demain. Yuri, mon nouvel équipier, est tout juste arrivé de New York et a à peine le temps de se préparer au départ après un avitaillement express.









11 mars : départ de St Thomas sous un vent d'est à 15 nœuds, voiles hautes, courant contraire 1 nœud, vitesse 5,5 nœuds. Boreas tient bien l'allure de près bon plein.

Adieu définitif à St Thomas


Yuri n'est pas vraiment amariné et a connu des jours meilleurs. Il résiste courageusement.

Yuri à la barre, un peu barbouillé

La journée est émaillée par un grain costaud avec rafales à 25 nœuds, que Boreas étale sans broncher en filant à près de 8 nœuds. L'épisode ne dure pas, le courant disparaît et nous poursuivons notre route à 6,5 nœuds sous un ciel très humide.

St Croix en vue

Nous arrivons à Christiansted, sur la côte nord de St Croix, après 7 heures de traversée sans incident.

La trace de St Thomas à St Croix

Il faut suivre un chenal bien balisé entre de multiples hauts fonds, jusqu'à une large zone de mouillage face à la ville, parfaitement tranquille.

L'approche de Christiansted

Mouillage devant Christiansted


Le port de commerce sous les grains

12 mars : départ tôt le matin. Route sous voiles à 6,5 nœuds par vent d'est 15 nœuds.

Départ de St Croix entre les grains








 
Le vent mollit à 7 nœuds en milieu de journée : nous faisons route au moteur durant 1h30 avant de remettre sous voiles par un petit vent de 10 nœuds. Notre vitesse reste correcte à 4,5 nœuds. 

Nous entrons dans les eaux britanniques entre les cailloux au sud de Virgin Gorda. Les couloirs de vent donnent de belles accélérations.

En approche de Virgin Gorda

Ginger Island


Virgin Gorda : les Baths
Nous arrivons à Spanish Town après 8h30 de traversée sans aucun incident. La zone est assez fréquentée mais on est loin de la saturation.

La trace St Croix - Virgin Gorda

Mouillage devant Spanish Town









  
13 mars : je débarque pour les formalités d'entrée-sortie au bureau des douanes de Spanish Town. Les procédures se sont beaucoup améliorées avec la généralisation de l'enregistrement préalable en ligne : pratiquement aucune paperasse, peu de questions, 40 $ et c'est réglé. 

Nous levons l'ancre pour remonter vers le Gorda Sound : 1 heure de promenade sous voiles, mouillage au sud de Colqhoun Reef dans ce site unique.

L'approche du Gorda Sound
Mosquito Island à l'ouest
Prickly Pear Island à l'est


  
C'est une journée de détente avant la traversée finale. Nous allons profiter d'une légère inflexion du vent au nord-est pour un long bord vers Saba, avant de virer vers St Martin : itinéraire assez classique que Boreas devrait parcourir sans problème.

En quittant Virgin Gorda au crépuscule

Nous levons l'ancre à 16h pour une petite heure au moteur le long de la côte nord de Prickly Pear Island, avant d'abattre sous voiles, cap au sud-est avec réduction de voilure à 1 ris en prévision de la nuit. Le vent à 12 nœuds fraîchit à 15 nœuds en soirée, notre route est stable à 5,5 nœuds. Il n'y a pas trop de vagues, Boreas tape très peu.

La nuit venue, Yuri et moi nous succédons pour les quarts. Le vent fraîchit avec quelques rafales à 22 nœuds. La mer est bien formée, l'étrave reçoit des embruns qui me font craindre pour le trampoline, maillon faible de l'accastillage de pont.

Au petit matin, Saba est en vue.

Lever du jour sur Saba

Le trampoline est explosé, une fois de plus. C'est cette fois la ralingue de fixation qui a cédé sous les coups de boutoir des vagues de la nuit. J'arrive à rattraper le filet par le hublot de coque pour une fixation de fortune qui évitera au moins de le perdre.

Le trampoline en fâcheuse posture

Il est temps de virer de bord, presque exactement au point prévu. Nous mettons le cap sur St Martin, en passant sous le vent de Saba.

Saba sur tribord
Le vent mollit, ce qui a le mérite de limiter les chocs des vagues sur le trampoline. La remontée vers le nord-est nous prend la journée. Un fort courant portant à l'ouest se fait sentir à l'approche de la pointe ouest de St Martin. 

Saint Martin en vue
Nous terminons au moteur face au vent pour mouiller en baie Nettlé après 26 heures de traversée. 

La trace Virgin Gorda-St Martin

St Martin : baie Nettlé












Yuri débarque, sa mission étant accomplie, non sans une sympathique visite d'une des bonnes tables de Marigot.


Il me reste quelques jours de balade autour de l'île avant de laisser Boreas au port.

Au large de Grand Case

Orient Bay
 
La Caye Verte et sa barrière de corail



Le mouillage est mis à profit pour réparer une nouvelle fois le trampoline.


Ici s'achèvent ces 3 mois de navigation ininterrompue. Boreas est amarré à la marina d'Island Waterworld, en zone hollandaise, où il va rester en sécurité jusqu'à la saison cyclonique.

Boreas à Island Waterworld


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