Après les Vierges Espagnoles, il nous reste quelques jours dans les eaux américaines. L'équipage est maintenant bien aguerri aux manœuvres, et ne demande qu'à continuer.
Nous allons donc remonter St Thomas vers l'est, puis faire le tour de St John : rapide et plutôt sportif.
Saint Thomas
1er mars : la traversée depuis Culebra nous a fait atterrir au mouillage de Sandy Bay, au nord-ouest de l'île. Le décor est imposant : de hautes falaises, une eau incomparablement claire, quelques constructions cossues. Une fois de plus, nous sommes seuls.
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| Un château bizarre au sommet de la falaise |
Nous repartons sous voiles vers le sud de l'île. Le vent est généreux, dépassant les 20 nœuds établis : il faut de nouveau réduire à 1 ris.
Après une escale d'une nuit à Charlotte Amalie, nous tirons des bords vers l'est pour atteindre la petite île de Great St James et le mouillage quasi-mythique, au moins dans mes souvenirs familiaux, de Christmas Cove.
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| Remontée au vent au sud de St Thomas |
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| Christmas Cove |
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Le lieu n'a guère changé en sept ans : le bateau-pizzaiolo est toujours là, les promène-touristes se succèdent, les bouées sont bien occupées mais il reste largement de quoi mouiller sur ancre. Une nouvelle épave est venue s'échouer sur le rocher central.
Saint John
Dès le lendemain, nous reprenons le louvoyage au près le long de la côte nord de St John, jusqu'à Maho Bay, si présent dans les souvenirs de nos aventures passées.
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| Louvoyage au nord de St John |
Cette baie protégée au cœur du Parc National attire évidemment beaucoup de monde. Toutes les bouées sont prises sur Maho Bay. Nous en trouvons une plus au nord sur Francis Bay, d'où nous pouvons jouir du même décor.
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| Maho Bay vue depuis Francis Bay |
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| Francis Bay |
L'étape suivante nous fait contourner St John par l'est. Nous empruntons le Drake Channel, entre les Îles Vierges américaines et britanniques : canal étroit qui nous oblige à multiplier les virements de bord. Il y en aura 11 au total !
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| Dans le Drake Channel |
Le trafic est assez dense dans cette zone, mais aucun autre voilier ne se livre à un tel exercice ! Pourtant notre remontée au près est efficace : il ne faudra que 3 heures, sous 1 ris contre un vent de 15 à 19 nœuds, pour contourner l'extrémité est de St John jusqu'au mouillage de Round Bay.
Trouver un adversaire à battre n'est pas facile. Un catamaran se présente : nous commençons à le distancer mais il change de direction, préférant la zone British.
Le mouillage de Round Bay, dans la très grande échancrure de l'est de St John, est parfaitement protégé de la houle. Comme une évidence, nous sommes seuls, mais peut-être cette fois pour une raison précise.
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| Round Bay |
En effet, le fond n'a pas très bonne réputation. Le contrôle de l'ancre en plongée n'est pas parfait mais l'accroche me semble suffisante... à tort ! A 3h du matin, l'alarme de mouillage retentit. Le contrôle de la trace est sans appel : nous avons chassé sur plus de 50 m.
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| La trace enregistrée en continu |
Au bout de longues minutes, la situation se stabilise. L'ancre a visiblement trouvé un terrain plus favorable et le bateau ne bouge plus. Je reste cependant en veille le restant de la nuit sous un lumineux clair de lune.
Le jour venu, et sur demande de l'équipage en manque de burgers, nous traversons la baie pour rejoindre le port de Coral Bay où on trouve, paraît-il, les meilleurs specimens.
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| Coral Harbour |
C'est un port naturel sur corps-morts, très encombré. Le seul mouillage praticable est à l'entrée, exposé à la houle mais de bonne tenue. On ne s'y attardera pas.
La dernière étape du retour à Charlotte Amalie est la plus calme : 20 milles nautiques au portant, sous génois seul par un vent de 20 nœuds, et parcourus en 3 heures.
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| La trace finale |
L'aventure se termine ici pour l'équipage, qui sera remplacé dès le lendemain pour poursuivre la route de Boreas vers l'est.
































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