1 juillet 2011

Coincer la bulle

Transat 2011 - 3

Teles glisse à 5 nœuds sur une mer quasi plate, au grand largue sous spi jour et nuit, droit sur le cap des Açores.









Le temps est superbe, pas un nuage pour gêner les panneaux solaires qui débitent à pleine charge : malgré la défection de la DuoGen, nous sommes en autonomie énergétique.

Il fait toujours chaud : 34°C le jour, mais 26° la nuit avec beaucoup d'humidité, et la température de la mer a baissé : 26°.

Il aura fallu 8 jours pleins pour se dépêtrer de la bulle anticyclonique.
 
Sortie de la zone de haute pression sur le barographe
 
Nous l'avons contournée par un vaste détour au nord, en changeant constamment de voiles pour profiter du moindre souffle, et avec des heures de moteur calculées au plus juste. Le bonheur quand enfin Teles a pu lofer vers l'est, avec des voiles bien appuyées et une belle vague d'étrave ! La météo nous prédit une situation stable pour les jours à venir, il n'y a plus qu'à se laisser porter.
 

Ce long détour nous allonge la route de 400 milles au lieu de 200 en moyenne d'après les pilot charts et la plupart des récits de transatistes. Les calculs de route nous prédisent 2 jours de retard sur le calendrier prévu, donc rien de grave.
 

Pendant cette longue attente, l'équipage s'est installé dans une émolliente routine, juste émaillée de menus travaux : nous avons perdu le feu de nav bâbord, qu'Alain m'aide à remplacer par un montage artisanal à partir d'emballages de Babybel !

Recyclage au résultat plus ou moins réglementaire...
 
... mais ça le fait !
 
Nous avons pris un sac poubelle dans l'hélice : grosse vibration soudaine dont la cause ne faisait aucun doute. Colin a plongé, a tout enlevé. Parti à la mer aussi, le dosseret de filière de cockpit : le capitaine a sauté à l'eau et l'a récupéré.
 
Ne larguez pas le capitaine !
 
Colin poursuit ses prouesses culinaires : soupes, sauces, yaourts maison, confiture de papaye, un pain fabuleux et un art consommé pour accommoder les restes.
  
Le chef de cambuse aux fourneaux

Devant l'avalanche gastronomique, nous avons supprimé la plupart des apéritifs et même, d'un commun accord, décidé un certain rationnement car nous mangions trop...

Pas de nouvelle pêche miraculeuse, très peu de faune en fait. Nous avons vu une famille de grands dauphins nous croiser sans s'arrêter, quelques thons qui ont dédaigné notre ligne et une tortue.

A part ça, aucune avarie, tout baigne ! Je commence à scruter la météo au-delà des Açores et c'est assez mouvementé : mer très forte sur Joséphine (zone météo entre Açores et Portugal), force 9 d'est sur Gibraltar... Des aventures passionnantes nous attendent !
 

La météo joue avec nos nerfs : une nouvelle bulle anticyclonique sur notre route !
 
 
Après avoir renoué avec des moyennes quotidiennes avoisinant les 120 et même 130 milles, il faut de nouveau dévier vers le nord pour contourner cette zone de haute pression (1030 hPa) qui nous barre la route. Notre trace finit par ressembler à des marches d'escalier orientées plutôt vers le Groenland que les Açores...


Après quelques heures de route au moteur pour échapper à la zone déventée, Teles retrouve un vent de largue. 

A cette allure, le spi porte à son maximum et est capable de nous tirer plus vite que le vent. 

En effet, nous allons remonter un bord de 2 jours entre 5,5 et 6 nœuds de vitesse fond, pour un vent vrai qui ne dépasse guère 5 nœuds.








 
Jolies sensations de glisse sur mer plate, toutes écoutes bordées et réglées au quart de poil !

La bulle nous suit de près et il faut parfois remettre du moteur pour quelques heures.
  
Alain à la manœuvre

Le spi reste constamment à poste et l'équipage est mobilisé de jour comme de nuit pour empanner, affaler, renvoyer à chaque caprice de ce vent anémique. Les réserves de gazole s'amenuisent...

Notre moyenne se maintient à plus de 100 milles quotidiens, et le 1er juillet la distance restant à courir passe sous la barre des 1000 milles. Il faut ce genre de symbole pour garder le moral !
  
Les heures et les jours défilent...
 










Le seul salon de coiffure de la région !


Ces fantaisies nous rallongent encore la route qui dépassera certainement les 2600 milles mais nous devrions réussir à ne pas augmenter le retard à l'arrivée. Horta est maintenant en vue sur la carte et devrait être atteinte dans une grosse semaine.
 

Le temps a changé : souvent nuageux (pas bon pour la charge des panneaux solaires), frais dès le soir : 25°C. Nous voyons nettement plus de faune, surtout des dauphins en groupes nombreux.
 












Dauphins en spectacle


Passage d'un banc de thons
 

Pas de nouvelle prise de pêche.

Malgré les prouesses de Colin, les menus sont moins variés : tout le frais est mangé et nous avons dû offrir aux poissons quelques denrées devenues douteuses. Je n'ai pas envie de dysenterie à bord... Pain, pâtes, riz et conserves sont désormais notre ordinaire.
  
Il a tout de même réussi à nous faire une quiche !
 
Et toujours un régal de pain

Les apéritifs sont remis à l'ordre du jour, bière ou vieux rhum en l'honneur d'occasions plus ou moins loufoques mais tous les prétextes sont bons !



















Lever de soleil pour l'homme de quart



A suivre ici
 

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