27 juillet 2008

Ile d'Elbe


.IMG_0305_s.jpgDécouverte des Iles Toscanes : au programme l'île d'Elbe, Capraia et un petit bout de Corse.







5 juillet 2008 : Ligeia embarque Benoît, juste arrivé par avion de Bruxelles, et moi. Route vers le Cap Corse que nous prévoyons de doubler pour une première escale à Macinaggio. La météo est clémente avec un bon vent de SW d'une dizaine de nœuds. Nuit claire, ciel étoilé. Le vent va faiblir en cours de nuit, alors que Benoît prend son quart.
 
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Vers 2 heures nous n'avançons plus et le moteur doit être sollicité pour quelques heures. La traversée est très calme, monotone même : très peu de bateaux croisés, ce qui nous surprend car nous sommes dans une zone fréquentée au début des migrations estivales. 

Au matin, nous retrouvons du vent et pouvons stopper le moteur. Un dauphin nous a repérés à une certaine distance et s'approche de nous par bonds, vite suivi d'un second. Leurs jeux ne durent pas, pas le temps de sortir l'appareil photo avant qu'ils ne nous délaissent. 

Le vent monte par l'ouest, et il se forme une puissante houle alors que nous longeons à distance la côte de Balagne. La météo prévoit force 5 à 6 au cap Corse, et nous dévions un peu au nord pour éviter une éventuelle secouée. La houle est forte, nous estimons la hauteur des vagues à 1m50 : les murs se succèdent derrière le bateau. Nous avons pris les 2 ris dans la grand-voile mais laissé le génois déroulé. Nous planons, la vitesse au surf augmente et Ligeia s'envole : 8,8 nœuds pendant plusieurs secondes, record battu ! 

En vue du cap Corse vers midi, le temps est stable. Nous voyons quelques voiliers passer derrière l'Ile de la Giraglia qui prolonge le cap, ce qui indique une mer praticable. Changement de cap, nous redescendons au sud et en effet nous aurons une mer juste un peu agitée avec un bon vent de travers.

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Nous entrons vers 17 heures dans Macinaggio, après un contact VHF. L'accueil est chaleureux : dirigés par les sympathiques employés de la capitainerie, nous accostons après une traversée sans histoire de 23 heures seulement. Très peu de fatigue, qui s'envolera après la nuit au port.

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7 juillet : départ un peu retardé par un problème de bosse de ris coincée. Le ship du coin, très serviable, vient voir mais ne peut rien faire sans tout démonter : ce n'est qu'un brin de messager qui s'est pris dans une poulie. On s'en sort avec un petit bricolage et nous reprenons la mer en changeant un peu nos plans : au lieu de rejoindre directement l'Ile d'Elbe, nous ferons l'escale de Capraia. Traversée tranquille avec une petite brise au près, la face ouest de Capraia est abrupte, une longue falaise qui plonge à la verticale dans la mer.

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Quelques mouillages très peu fréquentés, une atmosphère d'île déserte aux antipodes...

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Après avoir contourné la pointe nord, nous sommes en vue du port de Capraia, jolie baie gardée par un fort à l'entrée. Le port est au fond, précédé par un agréable mouillage où nous décidons de jeter notre ancre.

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Capraia doit faire la joie des randonneurs : on distingue des sentiers qui montent sur la crête dans un paysage totalement vierge. A part le port et la petite ville de Porto Capria, le reste est à l'état sauvage. Sûrement à revisiter lors de traversées futures... Pour notre part nous en restons à baignade et plongée au masque sur les fonds rocheux.

8 juillet : traversée vers l'Ile d'Elbe. Le vent nous lâche un peu et il faudra quelques risées diesel pour arriver dans l'après-midi. L'île est très découpée en multiples caps et anses très profondes offrant une infinité de mouillages... Nous longeons la côte nord pour arriver devant la baie de Porto Ferraio qui semble avoir été idéalement créée pour le navigateur : la citadelle avec ses deux forts, dont celui qui hébergea Napoléon au-dessus de l'entrée de la baie, un rocher blanc sculpté indiquant la passe, puis on pénètre dans une rade entièrement fermée avec le port de Porto Ferraio ouvrant au sud et totalement abrité.

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Après contact VHF avec le port, le verdict est sans appel : "we are full !". Vu la circulation intense, nous ne sommes pas étonnés. On nous oriente vers un vaste mouillage à l'ouest de la rade, mais nous tentons notre chance dans une marina qui s'ouvre plus loin entre chantiers navals et port de commerce. Nous en sommes immédiatement délogés par un cerbère en zodiac. En ressortant de là, une zone de mouillage sur bouées, quelques bouées libres... Un peu plus loin, des dizaines de bateaux sont sur ancre. Nous prenons une bouée, pas trop voyante, on verra bien si on nous y supporte.

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Baignade, détente... on ne nous dit rien. Le ballet incessant des bateaux tout autour est un spectacle. Piombino, sur la côte italienne, est tout proche et les ferries déversent tous les quarts d'heure des centaines de visiteurs à pied, en voiture, à moto. Beaucoup viennent louer des bateaux à la journée, au week-end, vers les innombrables mouillages à quelques heures de là.

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Vers le milieu de la nuit, un fort vent d'ouest se lève. Si la rade est assez bien protégée de la houle du large, ses berges sont assez basses et le vent y pénètre facilement. Nous sommes assurés sur notre bouée, mais plusieurs bateaux voisins chassent sur leur ancre et doivent déménager vers une zone plus abritée.

9 juillet : nous gonflons l'annexe et débarquons pour une visite de la ville. Vieille ville, citadelle, le fort et la Maison du gouverneur où séjourna l'empereur en 1814 : en fait une belle résidence, avec un jardin typiquement toscan en surplomb sur l'entrée de la rade avec vue jusqu'en Italie.

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Passage au port : vastes proportions, fortifications, vestiges romains. Il fait chaud, très chaud...

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Etape gastronomique dans une excellente trattoria. Quelques courses dans un supermarché (quel courage !) et nous regagnons l'annexe et le bateau. Enfin la sieste et une baignade rafraîchissante ! On nous laisse toujours tranquilles sur notre bouée pour notre seconde nuit.

10 juillet : nous larguons notre mouillage et entrons dans le vieux port pour consulter la météo. Le gendarme-zodiac nous repère immédiatement et nous indique la sortie avec véhémence. Après un court palabre, il accepte d'embarquer Benoît sur le zodiac, le débarquer à la capitainerie puis le ramener à bord. Nous aurons l'occasion de le constater, les bulletins météo italiens dans cette zone sont plus que succincts et tiennent en 3 ou 4 lignes. A la VHF, pas grand chose d'exploitable. Nous n'aurons pas de surprise pendant cette croisière mais pour l'avenir il faudra prévoir autre chose : Navtex, fichiers grib...

Nous reprenons le contournement de l'île par le canal de Piombino, marqué de quelques rochers et de beaucoup de filets.

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Sur la côte est, des petits ports, des mouillages, un relief montagneux, et aussi des mines de fer désaffectées.

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Belle navigation de cabotage qui nous amène à la mi-journée à Porto Azzuro au sud-est de l'île. L'entrée est gardée par deux forts remarquables, et on nous accueille avec nonchalance sur le ponton visiteurs où nous pourrons refaire les pleins en eau et gazole.

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Nous repartons dans l'après-midi pour longer les caps de la côte sud. Vent modéré mais nous avançons bien.

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Nous apercevons au sud les autres îles de l'archipel toscan : Pianosa, toute plate, et beaucoup plus loin le cône sombre de Monte Cristo.

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Dans la soirée nous entrons dans le large Golfo di Campo, au sud-ouest de l'île. Le vent s'y engouffre et nous porte à bonne vitesse vers la Marina di Campo.

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Nous trouvons de nouveau une large zone de mouillage à faible profondeur. C'est très encombré... Nous traversons des rangées de bateaux jusqu'à une aire assez large pour mouiller en sécurité : il y a du vent et nous prévoyons une zone d'évitage suffisante.

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L'endroit est charmant et nous y passons une nuit excellente avec un mouillage stable.

11 juillet : rangement sur le bateau. On dégonfle l'annexe, on remet en ordre.

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Ce tour (assez) rapide de l'Ile d'Elbe a été agréable en navigation : du vent la plupart du temps à part quelques passages calmes qui ont dû être appuyés au moteur, pas trop de gêne par la foule des bateaux vu le nombre de mouillages disponibles, le charme de l'île avec ses paysages toscans et une intéressante visite de Porto Ferraio. L'éloignement de nos épouses commence à nous peser... Nous décidons de repartir et de faire d'une traite le retour, soit 170 nautiques.

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IMG_0333.jpgPeu de vent jusqu'au Cap Corse, puis nous trouvons une bonne brise au portant qui va nous permettre de hisser le spi pendant 7 heures.




















Le soir, la nuit, les quarts... Tout se passe sans histoire, et pour une traversée entre Corse et continent c'est appréciable !

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12 juillet : devant le Drammont, et arrivée à Port Fréjus en fin de journée. Déjà...

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1 commentaire:

  1. Bonjour,

    superbes photos , le voyage par l'image, merci.

    Cordialement

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