31 mai 2008

Mahon 2008 : faux départ


.Mahon_avril08_001_s.jpgAvril-mai 2008 : Ligeia fait partie des 5 bateaux inscrits à la course-croisière de Mahon en Mai.

Parcours :
- prologue par une régate en rade de Toulon le 28 avril
- navigation de Toulon à Mahon (Minorque, Baléares), soit 200 milles
- séjour de 4 jours à Mahon avec réjouissances diverses
- retour libre.

Les bateaux sont rassemblés à la Seyne sur Mer le 27 avril.
 
Mahon_avril08_001.jpg 
Les concurrents

Le bateau et son équipage sont fin prêts avant le départ.
 
Mahon_avril08_004.jpg 
L'équipage : Riccardo, moi et Bernard

La régate du prologue se déroule au mieux : nous finissons 2ème au handicap, avec une belle coupe à la clé.

Sitôt la dernière bouée franchie, nous mettons directement cap au large et entreprenons la traversée vers Mahon.

Les premières heures sont calmes : vent faible de sud est nous obligeant à dévier notre route à l'ouest, où nous espérons trouver le vent prévu par la météo au cours de la nuit. En effet, vers minuit, tout change : montée progressive du vent et de la mer, baisse sensible de température, et pluie rapidement abondante. Nous prenons les 2 ris. Vers 1 heure du matin, la prévision météo est d'une surprenante exactitude : renverse à 180°. En moins d'un quart d'heure, le vent tourne au nord ouest et devient vraiment puissant. Je fais suivre le bateau et demande de l'aide à mes équipiers pour virer de bord. Il y a largement plus de 25 nœuds de vent.

C'est alors qu'un enchaînement de fausses manœuvres, favorisées par l'obscurité, la pluie et la forte agitation de la mer, aboutit à :
- une écoute surpattée et coincée sur un winch ;
- un passage brutal d'écoute de génois en pied de mât, qui sectionne une partie du câblage électrique sortant du col de cygne ;
- un doigt cassé du capitaine...

L'équipage est en mauvais état : une victime du mal de mer, l'autre accusant une forte fatigue, le capitaine blessé... Les instruments sont partiellement en panne. Il est évident que nous devons quitter la course et rebrousser chemin. J'appelle donc le comité de course par VHF, mais il est trop loin. Après appel général, je parviens à joindre un des autres concurrents, que j'informe de ma décision.

Le changement de cap impose un empannage par vent que j'estime à ce moment entre 30 et 35 nœuds. L'opération est brutale mais se termine bien, merci le bateau ! Le moteur est mis en route pour assurer le pilote qui suivra notre nouvelle route. L'officier de quart n'aura que de la surveillance à faire.

A cet endroit, nous avons déjà fait pas mal de distance mais, étant donné le vent initial de face, nous sommes assez peu éloignés de la côte : une trentaine de milles. Le retour à Fréjus fait environ 70 nautiques. Le cap est mis sur Port-Cros qui est le plus court chemin. La route est pénible : Bernard est de quart le temps que je prenne un peu de repos, mais il est rapidement frigorifié. Nous n'avons aucun contact VHF et les téléphones sont hors de portée.

Nous arrivons à Port-Fréjus en début d'après-midi, après avoir franchi une zone particulièrement mouvementée au large de St Tropez. Fatigue et déception à l'arrivée... Chacun regagne son domicile, après un détour pour moi par la radio, la pharmacie, l'orthopédiste...

Nous aurons des nouvelles du reste de la course plusieurs jours plus tard. Beaucoup de bateaux et d'équipages ont été malmenés comme nous. Il y a eu pas mal de malades et les vents enregistrés ont dépassé les 35 nœuds, et plus sous les rafales. Mais pas de casse et leur séjour à Minorque a été agréable comme prévu, de quoi nourrir nos regrets !

A tête reposée, restait à faire le bilan de l'aventure et des erreurs commises. C'est fait !

L'inscription pour Mahon 2009 est déjà programmée. A suivre...

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